D'où vient la PNL
La PNL naît en Californie dans les années 1970. Richard Bandler, étudiant en psychologie, et John Grinder, linguiste, se posent une question simple : pourquoi certains thérapeutes obtiennent-ils des résultats là où leurs confrères, avec la même formation, n'obtiennent rien ?
Plutôt que d'inventer une théorie, ils observent. Ils enregistrent et décortiquent trois praticiens réputés de l'époque : Fritz Perls en Gestalt-thérapie, Virginia Satir en thérapie familiale, et Milton Erickson en hypnose. Ils cherchent ce que ces trois-là font réellement, dans le détail : la façon de poser une question, le moment choisi pour se taire, le mot exact repris au patient.
De ce travail sortent des procédures reproductibles. C'est ce qui explique le mieux la nature de la PNL : une boîte à outils tirée de la pratique, pas une théorie construite en amont.
Les trois mots, expliqués
Programmation
Une bonne partie de nos réactions sont automatiques. Par exemple, je ne décide pas de me crisper quand un certain nom s'affiche sur mon téléphone. Ça se déclenche tout seul, avant même que j'aie réfléchi, parce que la séquence a été apprise et répétée.
Ces programmes s'installent au fil du temps : par l'éducation, par les expériences vécues, par ce qu'on a vu autour de soi, par ce que la société attend, par les gens qu'on a côtoyés. Ils s'enregistrent sur le disque dur, ils sont difficiles à effacer, et ils se déclenchent selon ce qui se présente.
Neuro
Le système nerveux et les cinq sens. On perçoit le monde à travers eux, et c'est ce qu'on capte qui déclenche les programmes. Le circuit est très rapide : je perçois quelque chose, le programme se lance, et me voilà en pilote automatique.
En PNL, on parle du VAKOG : le visuel, l'auditif, le kinesthésique (ce qu'on ressent), l'olfactif et le gustatif. Les trois premiers sont les canaux principaux, et chacun a ses sens de prédilection, ceux avec lesquels il capte le plus facilement. Ça s'entend d'ailleurs dans la façon de parler : une personne plutôt visuelle dira « je vois » ou « c'est clair », une personne plutôt auditive « j'entends bien » ou « ça me parle », une personne plutôt kinesthésique « je sens que c'est comme ça » ou « ça me touche ».
Linguistique
Le langage, verbal et non verbal. Les mots employés, mais aussi les expressions du visage, les micro-expressions, les mouvements du corps, la respiration.
C'est par là qu'on accède aux programmes et qu'on les rend conscients. La façon dont tu racontes une situation en dit long sur la façon dont tu la vis : « je dois y aller », « il faut que je tienne », « je n'ai pas le choix » ne décrivent pas des faits, mais une position dans laquelle tu t'es installé.
Ce qu'on en fait
L'idée n'est pas d'effacer le disque dur, ni de transformer quelqu'un de fond en comble. Quand une situation est vécue comme inconfortable, on va prêter attention au programme qui se lance : comment tu perçois les choses, ce que tu ressens, ce que tu vois et ce que tu entends.
C'est ce qu'on appelle en PNL reprogrammer : créer un nouveau programme pour une situation précise, et court-circuiter un pilote automatique qui déclenchait une réaction qui ne te convient pas. L'ordre compte. On ne reprogramme rien tant qu'on n'a pas d'abord conscientisé ce qui se joue.
La carte n'est pas le territoire
C'est un des présupposés de la PNL, c'est-à-dire une des hypothèses de travail sur lesquelles s'appuie un praticien. Chacun a sa propre façon de voir la réalité - sa carte du monde - et on ne peut faire aucune supposition sur celle de l'autre. Il n'y en a pas une qui soit meilleure qu'une autre : nous sommes des individus différents, et c'est très bien ainsi. Le savoir, c'est déjà un bon point de départ.
Prends deux personnes qui sortent de la même réunion. La première a entendu une remarque exigeante mais constructive sur son travail. La seconde a entendu une humiliation publique, et elle y repense pendant trois jours. L'événement est identique, seconde pour seconde. Ce qui les sépare, c'est la carte que chacune a dans sa poche.
Cette carte s'est construite au fil des années : les expériences, l'éducation reçue, la façon dont les enseignants ou les adultes nous ont parlé, ce qu'on a vécu et ce qu'on a vu vivre, ce que la société valorise. Elle est devenue si familière qu'on ne sait même plus qu'elle existe. On croit percevoir la réalité, alors qu'on lit les événements à travers sa propre carte.
Ce que ça change concrètement : savoir qu'on ne voit pas comme tout le monde permet de prendre ce qu'on appelle une position méta - un pas de recul par rapport à une situation. Tu peux alors observer ta propre réaction plutôt que de la subir : j'ai réagi comme ça parce que ça m'a touché, et ça m'a touché parce que c'est important pour moi, alors que ce ne l'est pas forcément pour l'autre. C'est une façon d'apprendre à te connaître - tes valeurs, tes besoins, tes attentes - et de prendre de la distance sur ce que tu vis, en particulier dans tes interactions avec les autres, qui sont souvent la source de l'inconfort.
À partir de là, on regarde comment naviguer avec ça dans ta vie professionnelle : ce que tu peux maîtriser dans une situation donnée, et ce que tu peux lâcher.
Comment j'utilise les outils PNL en séance
Ce sont des outils concrets, qu'on adapte à la situation et à la personne.
On part d'une situation réelle et récente, pas d'un principe général. « J'ai du mal avec l'autorité » est trop flou pour qu'on puisse travailler dessus. « Mardi, en comité de direction, quand il m'a coupé la parole, je me suis sentie comme ça » : là, on tient quelque chose. On peut aussi prendre plusieurs situations semblables et les regarder ensemble.
Ensuite, on analyse, avec une casquette d'explorateur. C'est là qu'on repère le mécanisme, le programme qui se joue, et la façon dont tu perçois les choses - plutôt par les images, plutôt par les sons, plutôt par les sensations.
Les questions sont un peu déroutantes au début. Où est-ce que tu sens ça, précisément ? Si cette scène était une image, elle serait grande ou petite, nette ou floue ? Tu es dedans, ou tu te vois de l'extérieur ? Ce n'est pas une façon habituelle de réfléchir à un problème, et c'est justement l'intérêt : ça rend l'expérience concrète, pour que tu puisses la comprendre au lieu de simplement la subir.
Une fois l'expérience dégrossie, quand on sait ce qui se joue et pourquoi telle situation est difficile pour toi, on regarde comment mieux la vivre, et quelle marge de manœuvre existe. Ça dépend de la situation, des personnes en présence, et des ressources - internes comme externes - sur lesquelles tu peux t'appuyer.
Puis on teste dans la vraie vie. Une situation comparable se présente dans la semaine, et on regarde ensemble ce qui s'est passé. À ce moment-là, on est pleinement en coaching.
Où l'hypnose intervient
La PNL et l'hypnose ericksonienne sont liées historiquement : la PNL est en partie née de l'observation de Milton Erickson, considéré comme le père de l'hypnose moderne. Les deux appartiennent à la famille des thérapies brèves, orientées vers ce que tu veux obtenir plutôt que vers l'exploration du passé.
L'hypnose ericksonienne n'a rien du spectacle : ni perte de contrôle, ni sommeil. C'est un état de concentration détendue, comparable à celui d'une lecture absorbante, dans lequel on travaille avec les images et les sensations sans passer par le raisonnement.
Je l'utilise surtout comme une mise en condition, avant un outil un peu plus long - le deuil d'une expérience professionnelle, par exemple. On prend le temps de respirer, de se reconnecter à son corps, aux sensations dans la pièce, sur la chaise, sur le sol.
C'est particulièrement utile aux personnes très mentales, très dans leur tête. Le mental reste souvent réaliste, et ce réalisme peut bloquer l'accès à des chemins auxquels on n'aurait pas pensé. En descendant d'un étage, on laisse la place à l'imagination et à la créativité, et on trouve parfois des solutions que la réflexion seule n'aurait pas fait apparaître.
Tu restes conscient et acteur du début à la fin. Rien n'est obligatoire : si tu ne veux pas, tu le dis, et on travaille les mêmes outils sans passer par une induction hypnotique.
Ce que la PNL ne fait pas
Elle ne soigne pas une dépression, ne remplace pas un suivi médical, et ne transforme pas un environnement de travail réellement toxique. Aucun outil mental ne répare une organisation défaillante, et prétendre le contraire ferait porter au travailleur une responsabilité qui n'est pas la sienne.
Si un praticien te propose de traiter par ce biais une dépression, une addiction ou un trouble anxieux caractérisé, c'est un signal d'alarme. Ces situations relèvent de la santé mentale, et donc d'un professionnel de santé.
PNL et coaching : l'ordre des choses
Je suis d'abord coach. C'est le cadre de tout ce que je propose, et les outils thérapeutiques viennent le compléter, jamais le remplacer. Je choisis d'y recourir quand la situation s'y prête, pas par principe.
Cette articulation entre mes deux casquettes, je l'explique en détail dans un article dédié. Et si tu veux savoir où et comment je me suis formée, tout est sur la page à propos.
